Est-ce possible : les hommes ont-ils un jour respecté la nature au point de nouer avec elle une relation spirituelle?
Oui, tout à fait, bien-sûr et profondément et dans la durée. C'est justement ce que veulent démontrer la série d'articles qui vont suivre sous le titre général : Un rapport spirituel à la
nature.
Commençons donc par le commencement. Il faut bien avant de se lancer dans un sujet d'une telle ampleur se demander de quoi l'on parle.
La spiritualité vient du latin spiritus, esprit et désigne ce que certains perçoivent comme un "élan de l'âme" vers des réalités dites essentielles de l'existence et les activités qui s'y
rapportent. Le terme désigne en conséquence la capacité de l'être humain à s'interroger sur son existence et sa place dans l'univers ainsi que les méthodes qu'il emploie à cette fin.
Nous y voilà peut-être. Considérer sa place dans le monde voici peut-être le lien entre nos interrogations voire nos inquiétudes actuelles que nous nommons écologie ou environnement et
certains de ces peuples qui ont conservé leur repères religieux traditionnels .
Ces peuples qui sont-ils?
Les primitifs? Le terme de « primitif » ne semble définitivement pas à l'abri des confusions impliquées par son étymologie et qui reflète un moment de la science et de l'histoire des idées dominé
par un évolutionnisme périmé. Même s'il a été écrit qu'"Un peuple primitif n'est pas un peuple arriéré ou attardé (Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, 1958, p. 114), il est préférable (d'un
point de vue éthique comme épistémologique) de reléguer le terme au musée.
Aujourd’hui on parle parfois plus volontiers de « peuples premiers » (voir le nom initial du musée du Quai branly) en références aux populations autochtones (parfois majoritaires) qui ont vécu ou
vivent encore aujourd’hui sur un territoire envahi à un moment de leur histoire, et éventuellement déplacées ou disséminées en diasporas qui en ont conservé la culture ou l’histoire. Cependant
cette approche culturaliste est largement décriée par la communauté ethnologique aujourd'hui, car si elle peut servir d'un point de vue politique, elle est infondée scientifiquement et cette
définition ne repose sur aucune réalité sociologique ou historique.
Ces questions de vocabulaire ne sont évidement pas anodines.
Aujourd'hui d'autres termes émergent qui en disent long sur la précarité de ces cultures et qui varient selon le point de vue depuis lequel on les considèrent : peuples indigènes, occupants
illégaux, peuples isolés. Ce qui est sûr, c'est que tout autour de la planète, ils sont les victimes d'enjeux économiques ou politiques qui se traduisent par des convoitises territoriales et
réduisent leur espace vital et à terme menace leur survie.
Leur mode de vie n'est pas le notre et nous occidentaux, hommes au mode de vie moderne, nous les méprisons.
Il existe pourtant parmi nous des associations qui les défendent. Composées notamment d'ethnologues, elles visent à démontrer l'inanité des croyances erronées et mythiques qui présentent les
peuples indigènes comme des reliques d'un passé aboli que le 'progrès' fera disparaître.
Elles font la promotion du nécessaire respect de leurs cultures et expliquent que leur mode de vie est compatible avec le monde contemporain, à condition que cet ajustement soit endogène
c'est-à-dire soit décidé et mis en oeuvre par les intéressés eux-mêmes.
Elles insistent également sur les connaissances extrêmement fines, organisant des sytèmes de pensée élaborés, que ces peuples ont de leur milieu naturel (faune et flore); leur grande
compétence dans la gestion de leur environnement (souvent difficile ou aride) doit être reconnue et utilisée en vue de toute évolution ultérieure de leur société.
Ces peuples ont beaucoup à nous apprendre.
Quelle que soit la partie du globe que nous considérions : ils ont un point commun qui les fait appartenir à une même forme de civilisation.
Ils ont conservé leurs repères religieux traditionnels dont le fondement est de maintenir une véritable harmonie avec leur territoire naturel.
Ils respectent différents rituels en liaison avec les éléments qui les entourent.
C'est ce point exactement qui nous intéresse ici.
Ces rapports entre l'homme et la nature, rapports forcément liés à une cosmogonie, induisent une représentation du monde dans laquelle l'homme appartient à un tout et ne se trouve pas de fait au
centre de la création.
(à suivre)
LovePlanet
Poursuivre :
http://www.survivalfrance.org/qui
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethnographie
http://www.maison-de-rabaine.eu/spip.php?article414 (Jacqueline MONFOUGA-BROUSTRA ; Le concept de "société archaïque" en anthropologie)
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