Mardi 1 juillet 2008
LETTRE OUVERTE AU DÉBAT
L’architecture est un merveilleux métier car elle permet de changer le monde en le construisant.
C’est assez facile avec des moyens de construire une ville dans un désert comme le prouvent la réussite de ville depuis Las Vegas juqu’aux Emirats en passant par Israël pour les plus connues mais aussi des projets plus extravagant comme Tozeur en Tunisie. Les techniques sont connues, maîtrisées : terrassement, viabilisation, apport de matériaux, de végétaux, et de beaux éclairages bien placés pour faire un joli profil nocturne dans le désert et voilà notre projet qui pousse et qui grise notre égo et celui des politiques locaux !
Un tel modèle est-il viable, et pour aller jusqu’au bout de ma pensée : un tel modèle est-il durable ?
C’est cette question de fond qu’il me semble pertinent de poser. Quel type d’architecture et puisque le projet est à l’échelle d’une ville, quel type d’urbanisme ? Faut-il appliquer le modèle urbain international ? Ou bien peut-on se permettre de prendre le temps d’élaborer un projet de ville qui répondrait aux spécificités du lieu, aux us et coutumes des habitants, aux réelles capacités économiques de la région et qui puisse devenir une locomotive pour le développement à l’échelle régionale.
Ces considérations générales posées et pour avancer dans le raisonnement, il semblait dans la formulation de votre projet qu’il y avait l’idée de créer un espace local qui puisse participer au reverdissement de l’ensemble du territoire. C’est en tous les cas ce que me suggère votre proposition.
C’est ce point de votre propos qui m’a fait réagir et m’a poussé à vous répondre. Et c’est là évidemment que réside toute son actualité et son réalisme.
Si vous m’aviez juste parlé de la construction d’un nouveau quartier résidentiel en forme de ville champignon comme nous les appelions en France dans les années 70, alors que les barres de bétons sortaient de terre aussi vite que les champignons des bois après la pluie, je crois que j’aurais pas répondu à votre sollicitation.
Nous sommes en 2008 et certaines leçons du passées s’imposent à l’évidence. Sommes-nous plus forts que la nature et pouvons-nous prétendre à faire vivre artificiellement les populations au risque de les engager à terme dans les voies de la précarité et de la souffrance ?
Le modèle de civilisation européen et occidental était plutôt une réussite jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il allait mettre en péril la survie de la planète. Les signes d’un déclin de la santé de l’écosystème planétaire apparaissent avec de plus en plus d’évidence.
J’ai travaillé avec des architectes « bio » qui ont voulu repenser les concepts de ville, de quartier, d’habitation avec comme seule et unique préoccupation celle de réduire l’empreinte écologique. L’urbanisme durable se développe peu à peu ici. Où en est-il au Sénégal ?
Il me semble que votre projet comporte cette volonté également. Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour élaborer une entité déclinable, autonome et adaptable et qui soit une proposition qui vienne enrichir les réponses urgentes et cruciales à apporter à la « fragilité » Sahélienne ainsi qu’à la fragilité planétaire ?
Et bien voici pour l’instant ce que me suggère votre proposition. Je serais ravie de travailler pour vous, de mettre mon savoir-faire au service d’un projet novateur éco-responsable et respectueux des cultures.
Pour une collaboration franco-sénégalaise et en toute amitié.
C. C. T.
L’architecture est un merveilleux métier car elle permet de changer le monde en le construisant.
C’est assez facile avec des moyens de construire une ville dans un désert comme le prouvent la réussite de ville depuis Las Vegas juqu’aux Emirats en passant par Israël pour les plus connues mais aussi des projets plus extravagant comme Tozeur en Tunisie. Les techniques sont connues, maîtrisées : terrassement, viabilisation, apport de matériaux, de végétaux, et de beaux éclairages bien placés pour faire un joli profil nocturne dans le désert et voilà notre projet qui pousse et qui grise notre égo et celui des politiques locaux !
Un tel modèle est-il viable, et pour aller jusqu’au bout de ma pensée : un tel modèle est-il durable ?
C’est cette question de fond qu’il me semble pertinent de poser. Quel type d’architecture et puisque le projet est à l’échelle d’une ville, quel type d’urbanisme ? Faut-il appliquer le modèle urbain international ? Ou bien peut-on se permettre de prendre le temps d’élaborer un projet de ville qui répondrait aux spécificités du lieu, aux us et coutumes des habitants, aux réelles capacités économiques de la région et qui puisse devenir une locomotive pour le développement à l’échelle régionale.
Ces considérations générales posées et pour avancer dans le raisonnement, il semblait dans la formulation de votre projet qu’il y avait l’idée de créer un espace local qui puisse participer au reverdissement de l’ensemble du territoire. C’est en tous les cas ce que me suggère votre proposition.
C’est ce point de votre propos qui m’a fait réagir et m’a poussé à vous répondre. Et c’est là évidemment que réside toute son actualité et son réalisme.
Si vous m’aviez juste parlé de la construction d’un nouveau quartier résidentiel en forme de ville champignon comme nous les appelions en France dans les années 70, alors que les barres de bétons sortaient de terre aussi vite que les champignons des bois après la pluie, je crois que j’aurais pas répondu à votre sollicitation.
Nous sommes en 2008 et certaines leçons du passées s’imposent à l’évidence. Sommes-nous plus forts que la nature et pouvons-nous prétendre à faire vivre artificiellement les populations au risque de les engager à terme dans les voies de la précarité et de la souffrance ?
Le modèle de civilisation européen et occidental était plutôt une réussite jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il allait mettre en péril la survie de la planète. Les signes d’un déclin de la santé de l’écosystème planétaire apparaissent avec de plus en plus d’évidence.
J’ai travaillé avec des architectes « bio » qui ont voulu repenser les concepts de ville, de quartier, d’habitation avec comme seule et unique préoccupation celle de réduire l’empreinte écologique. L’urbanisme durable se développe peu à peu ici. Où en est-il au Sénégal ?
Il me semble que votre projet comporte cette volonté également. Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour élaborer une entité déclinable, autonome et adaptable et qui soit une proposition qui vienne enrichir les réponses urgentes et cruciales à apporter à la « fragilité » Sahélienne ainsi qu’à la fragilité planétaire ?
Et bien voici pour l’instant ce que me suggère votre proposition. Je serais ravie de travailler pour vous, de mettre mon savoir-faire au service d’un projet novateur éco-responsable et respectueux des cultures.
Pour une collaboration franco-sénégalaise et en toute amitié.
C. C. T.
par LOVEPLANET
publié dans :
Afrique
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